Eurovision 2017 à Kiev : notre sélection !

C’est dans un peu plus d’un mois (les 9, 11 et 13 mai pour être exact) qu’aura lieu le 62ème Concours Eurovision de la Chanson en direct de Kiev, en Ukraine. En effet, l’an dernier, c’est la chanteuse Jamala qui a décroché le titre suprême avec « 1944 », coiffant ainsi au poteau l’Australie (qui a finit 2ème et avait remporté la 1ère place des jurys) et la Russie (3ème, mais 1er du vote du public). Comme le veut la tradition, c’est le pays vainqueur qui organise l’édition suivante et après pas mal de rebondissements, c’est donc dans la capitale qui vont s’envoler les 43 participants. 43 ou 42 car comme chaque année, des polémiques apparaissent autour du concours et l’édition 2017 ne faillit pas à la règle. En effet, la politique s’en mêle et les tensions qui subsistent entre l’Ukraine et la Russie pourraient bien avoir raison de la participation de cette dernière.

Nous vous en avions déjà parlé, c’est la jeune chanteuse Alma qui portera les couleurs de la France. Vous pouvez retrouver son portrait ici. Depuis, sa chanson « Requiem » a été retravaillée pour correspondre aux règles de l’Eurovision et voici la nouvelle version :

Si j’espère un bon classement pour la France après la très belle 6ème place d’Amir l’an dernier, qui sont les concurrents d’Alma ? Je vous propose de faire un petit tour des chansons qui ont retenues mon attention.

Albanie – Lindita – « World » (1ère demi-finale)

Née au Kosovo, Lindita s’est d’abord fait connaître en terminant 10ème de la version albanaise de La Nouvelle Star. Elle avait déjà tenté de représenter son pays en 2014 mais avait fini 3ème de la sélection nationale. Forte de sa participation à la saison finale d’American Idol, elle retente sa chance cette année et sort victorieuse avec le titre « Botë ». Eurovision oblige, le titre subit une transition de l’albanais à l’anglais et « Botë » devient « World ». C’est ce qu’on appelle une balade eurovisionesque typique, avec violons et vocalises dramatiques. Si la chanson n’apporte pas grande originalité, on ne peut pas pensé un concours sans ce genre de balades. C’est un petit plaisir coupable mais ça marche avec moi.

À savoir : l’an dernier, 16ème de sa demi-finale avec Eneda Tarifa. Meilleur classement : 5ème en 2012 avec Rona Nishliu.

Belgique – Blanche – « City Lights » (1ère demi-finale)

Le plat pays ayant deux télévisions publiques, les chaînes wallonnes et flamandes alternent leur investissement dans le concours afin de pouvoir représenter au mieux la Belgique. Les années impaires sont prises en charge par la Wallonie. Et pour la 3ème fois consécutive (après donc 2013 et 2015), la délégation est allée chercher son artiste dans le vivier que représente The Voice Belgique. Blanche prend donc le relais de Roberto Bellarosa et Loïc Nottet. Coachée par le groupe Cats on Trees, elle a été éliminée dès la 2ème semaine des lives de la 5ème saison. Ce qui ne l’empêchera pas de porter fièrement les couleurs belges, la pays connaissant un véritable regain de popularité à l’Eurovision. « City Lights » sonne terriblement moderne et l’ambiance qui se dégage du titre, à la fois électro et mélancolique, colle parfaitement avec la voix grave de la chanteuse. Si la mise en scène est réussie, je parie qu’il faudra s’attendre un bon, voire un très bon classement pour la Belgique.

À savoir : l’an dernier, 10ème en finale avec Laura Tesoro. Meilleur classement : 1er en 1986 avec Sandra Kim.

Islande – Svala – « Paper » (1ère demi-finale)

La petite île nordique aurait-elle fait le bon choix ? Il faut dire que l’Islande n’a pas connu les joies de participer à la grande finale depuis 2014. Enfant de la balle (son père est un chanteur très populaire), Svala a commencé sa carrière dès son plus jeune âge, notamment en faisant les chœurs pour les disques de son père et a connu ses premiers hits en chantant Noël. Au début des années 2000, elle sort son 1er album, « The real me », dont la chanson éponyme devient rapidement un tube. La sélection nationale 2017 avait la particularité de proposer des chansons directement enregistrées dans deux versions, en islandais et en anglais. Pour les demi-finales, les candidats devaient convaincre dans leur langue maternelle alors qu’ils avaient le choix pour la finale de proposer l’une ou l’autre. « Paper » sonne terriblement moderne, le côté électro, le charisme de l’interprète et, on l’espère, une mise en scène digne de ce nom devraient envoyer Svala rechanter le samedi soir !

À savoir : l’an dernier, 14ème en demi-finale avec Greta Salóme. Meilleur classement : 2ème en 2009 avec Yohanna.

Suède – Robin Bengtsson – « I can’t go on » (1ère demi-finale)

S’il est bien un pays dangereux dans le petit monde de l’Eurovision, c’est bien la Suède ! Ça n’est pas pour rien d’ailleurs qu’on l’appelle le « pays de l’Eurovision » tant le concours a une très grande place dans le cœur des Suédois. À tel point, que le pays a même choisi de créer son propre concours de la chanson afin de sélectionner son candidat, le Melodifestivalen. Et c’est chaque année un rendez-vous immanquable où se pressent à la fois des artistes confirmés, des anciens candidats et tous les jeunes chanteurs issus de télé-crochets. Pour vous donner un ordre d’idée, la finale 2017 a enregistré un record de plus de 13 millions de votes pour un pays qui ne compte que 10 millions d’habitants ! La Suède n’a raté qu’une seule fois la finale (en 2010, un véritable drame national) et jouit depuis d’un magnifique palmarès : 4 podiums dont 2 victoires ! Et ça ne s’arrête pas là : le pays est le second plus gros détenteur de trophée, puisqu’il a remporté 6 fois le concours (derrière les 7 fois de l’Irlande). Et tenter d’égaler le record sera la lourde tâche de Robin Bengtsson, ancien candidat de Swedish Idol en 2008 (où il avait terminé 3ème) et 5ème du Melodifestivalen 2016. Co-écrite par un ancien représentant suédois (Robin Stjernberg), « I can’t go on » est un magnifique titre scandipop, dans la ligne droite des anciennes contributions. Si l’on pourrait reprocher une certaine frilosité à renouveler un genre musical (comme cela avait été le cas l’an dernier), la chanson est terriblement efficace et si la mise en scène est conservée telle quelle, la Suède peut espérer rester sous le feu des projecteurs et pourquoi pas rajouter un énième podium à son tableau de chasse.

À savoir : l’an dernier, 5ème en finale avec Frans. Meilleur classement : 1er en 1974, 1984, 1991, 1999, 2012 et plus récemment en 2015 avec Måns Zelmerlöw.

Macédoine – Jana Burčeska – « Dance alone » (2ème demi-finale)

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la Macédoine n’a pas pour habitude de briller sur la scène eurovisionesque. Depuis 2008, le pays n’a réussi qu’une seule fois à passer le cap des demi-finales, malgré certaines chansons tout à fait honorables ! Mais cette année, le vent semble tourner ou du moins la chaîne locale a vraiment l’air décidé à ne plus faire de la figuration. Après avoir sélectionné en interne la jeune Jana, surtout connue pour être arrivée 5ème de la seule saison de Macedonian Idol en 2010, les dirigeants sont allé chercher des producteurs suédois (très très demandés par tout un tas de pays en  souffrance sur le terrain d’une musique pouvant franchir les frontières). Le but est simple : proposer une chanson moderne, catchy et attractive ! Et le pari est plus que réussi ! « Dance alone » est un hommage à la pop 80’s, c’est frais et dansant. Et je parie ici sur un passage en finale ! La Macédoine semble enfin prendre au sérieux le concours et cela pourrait payer. Peut-on rêver d’un top 10 ?

À savoir : l’an dernier, 11ème en demi-finale avec Kaliopi. Meilleur classement : 12ème en 2006 avec Elena Risteska.

Suisse – Timebelle – « Apollo » (2ème demi-finale)

Là encore, un pays qui a bien du mal à faire sa place dans l’Eurovision d’aujourd’hui : la Suisse. Le pays a beau avoir été le tout premier gagnant du concours en 1956 (avec Lys Assia, toujours invitée chaque année), il n’est parvenu que 4 fois à se hisser en finale avec à la clé un classement rarement à la hauteur ! La faute certainement à une sélection nationale pas toujours très fouillée, frôlant parfois l’amateurisme. Cette année toutefois, le public suisse a décidé d’envoyer à Kiev le groupe Timebelle, largement favori dès la publication en ligne des chansons prétendant au titre. Composé d’une chanteuse d’origine roumaine et de deux musiciens, Timbelle avait déjà tenté de représenter le pays en 2015, terminant à une très belle seconde place. Si le refrain de « Apollo » reste bien en tête, les couplets peuvent s’avérer un tantinet faiblards et au milieu de toutes les chansons pop surtaillées pour le concours, le titre peut payer le prix fort : l’élimination. Quoi qu’il en  soit, j’aime beaucoup cette participation et je trouve la chanteuse assez magnétique. Il serait bon de revoir la Suisse en finale même « Apollo » n’a peut-être pas l’aura d’une chanson gagnante.

À savoir : l’an dernier, 18ème en demi-finale avec Rykka. Meilleur classement : 1er en 1956 et plus récemment en 1988 avec Céline Dion.

Italie – Francesco Gabbani – « Occidentali’s Karma » (membre du Big 5, finale)

Et on finit avec le chouchou des bookmakers jusqu’à présent (et le mien aussi) : l’Italien Francesco Gabbani. L’Italie a marqué son grand retour en 2011 après 13 ans d’absence. Depuis, le candidat est sélectionné majoritairement grâce au Festival de Sanremo, institution italienne et concours ayant inspiré les créateurs de l’Eurovision. Et ça paye : 5 top 10 et 2 podiums. 2017 marquera-t-elle une nouvelle victoire, 27 ans après Toto Cutugno ? Retrouvez le compte rendu de Sanremo 2017 et le portrait de Francesco Gabbani ici. La chanson a toutefois dû subir un lifting stricte afin de ne pas dépasser les 3 minutes réglementaires, mais heureusement Francesco n’a pas cédé aux sirènes de l’anglais ! Les bookmakers auront-ils raison ?

À savoir : l’an dernier, 16ème avec Francesca Michielin. Meilleur classement : 1er en 1964 et plus récemment en 1990 avec Toto Cutugno.

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