The Keepers : meilleur docu de l’année ?

L’année dernière, peut-être avez-vous dévoré, comme moi, Making a Murderer. Cette série-documentaire racontait l’histoire glaçante de Steven Avery, accusé d’avoir tué une jeune femme, alors qu’il venait tout juste d’être innocenté après avoir passé 20 ans derrière les barreaux pour rien… Une histoire qui aurait pu être racontée de façon délicieusement glauque (et, avouons-le, ridicule) par le nom moins délicieux Pierre Bellemare dans Les Enquêtes Impossibles. Mais Netflix s’en est emparé. Le résultat, une série phénomène de 10 épisodes qui a récolté plusieurs Emmy Awards.

Ce succès (ainsi que celui de l’excellentissime podcast Serial, à ne pas rater) a redonné le goût au public des documentaires « true-crime » (faits divers). Timing excellent, donc, pour Ryan White, le réalisateur d’un autre docu dans le même genre : The Keepers. 

L’histoire sur laquelle il s’est penché pendant quelques années pourrait sembler tout droit sortie d’un épisode des Experts, mais elle est malheureusement vraie. 

En 1969, Soeur Cathy, une nonne qui enseignait dans une école de Baltimore, est retrouvée assassinée.  50 ans plus tard, deux de ses anciennes élèves tentent de faire la lumière sur le meurtre de leur institutrice préférée. Et, au fur et à mesure des épisodes, l’on découvre un univers macabre, où règnent pédophilie, dissimulation de l’Eglise catholique, et manipulations. 

Sister Cathy

Voilà pour le « pitch ». Ce docu est incroyable, de par sa façon de faire la lumière sur de nombreux aspects de l’enquête, plutôt baclée (volontairement ?) par la police à l’époque.

Surtout, les personnes qui ont accepté de témoigner devant la caméra de White sont bouleversantes. La confiance accordée au réalisateur et au public est inouie. Pour la plupart, ce sont des survivantes de viols commis par un prêtre du nom de Joseph A. Maskell. Les mots sont durs à entendre, mais l’on ne peut s’empêcher de tout dévorer jusqu’à la fin…

Maskell aurait-il organisé le meurtre de Cathy pour éviter qu’elle n’empêche ses horribles actions ? C’est la question que l’on va se poser dès les prémisses de l’histoire…

On se prend rapidement à l’intrigue et l’on apprend beaucoup sur l’Eglise catholique aux Etats-Unis et sur la façon dont les victimes de viols et de pédophilie sont traitées. The Keepers m’a révoltée, m’a bouleversée, m’a questionnée. J’ai passé des heures à suivre les enquêtes menées par des détectives amateurs sur le groupe Facebook créé par les deux anciennes élèves de Cathy. Toutes les pistes sont désormais explorées… espérons donc que l’exposition qu’a subi le documentaire pourra permettre d’enfin résoudre le meurtre de Cathy ainsi que d’autres crimes commis à Baltimore à l’époque et qui pourraient y être liés.

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